Restauration Audio


Un enregistrement audio comporte souvent des défauts plus ou moins importants provenant de la dégradation du support de stockage avec le temps, de la qualité du matériel utilisé, des conditions d’enregistrement, etc… En appliquant une restauration audio de qualité, nous pouvons atténuer voire supprimer les défauts suivants :

Souffle

Concerne la plupart des supports analogiques grand public comme les cassettes audio, les cassettes pour dictaphones, les bandes pour magnétophones, la bande son des cassettes vidéo. Ceci provient de la démagnétisation progressive des bandes qui a pour effet de remplacer le signal enregistré par du souffle notamment dans les hautes fréquences. L’enregistrement devient de plus en plus ‘étouffé’.

Exemple de restauration audio avec atténuation du souffle

Au premier plan le signal non traité et derrière, l’application de la restauration audio
atténuant le souffle (au dessus de 10’000 Hz) sans modifier le signal à conserver.

Bruit de fond

Il peut s’agir d’une ventilation, du trafic routier, d’un bruit généré par la caméra, etc… Plus ce défaut est régulier en termes de sonorité et volume, meilleur sera le résultat du traitement d’atténuation. Un traitement spécifique, par passage, permet également d’arriver à un résultat intéressant.

Craquement

Qui dit “craquements” dit forcément disque vinyle avec ses petites poussières qui viennent se loger au creux du sillon. On rencontre ce genre de défauts sur d’autres supports comme les cassettes vidéo lors d’un changement de plans. Les craquements sont dans la plupart des cas entièrement supprimés. Une oreille attentive est toutefois nécessaire pour éviter, par un mauvais réglage, d’abîmer les transitoires rapides des bruits de percussion ou des cuivres (trompettes, trombones, etc…) notamment.

Rayure

Il peut arriver qu’un disque vinyle soit rayé et que l’aiguille ne puisse plus lire certains passages. Pour remédier à cela nous avons développé une technique de lecture qui permet de récupérer précisément les passages avant et après la rayure. Voir Coupures ci-dessous.

Coupure

Une coupure peut survenir dans un enregistrement s’il y a un défaut sur le support : plis dans la bande ou rayure sur le vinyle par exemple. Pour les supports numériques, on parle de “dropout” qui peut alors être soit silencieux soit sous la forme d’un bruit désagréable, de forte amplitude mais bref. Au moyen d’un outil spécifique, nous recherchons un passage ressemblant dans l’enregistrement pour compléter le passage manquant. Si ce n’est pas possible, d’autres techniques peuvent fournir de bons résultats comme l’extrapolation du passage manquant.

Ronflement

On parle de ronflement pour un bruit continu de basse fréquence. C’est typiquement le 50 Hertz de l’alimentation de l’appareil qui peut être mal filtré ou alors capté par un câble faiblement ou pas du tout blindé et qui fait alors antenne. On retrouve ce bourdonnement typiquement sur les bandes magnétophones et les cassettes audio. Ce défaut est supprimé au moyen d’un algorithme spécifique qui peut être ajusté pour retirer également les harmoniques qui se trouvent à 100, 150, 200, 250 Hertz, etc… en tenant compte de leur atténuation propre.

Forme d'onde et spectre avec ronflement basse fréquence

Ronflement basse fréquence visible entre deux morceaux de musique (lignes en bas, entre 6:31 et 6:37)

Sifflement

Comme pour le ronflement, on se trouve en présence d’une ou plusieurs fréquences continues. C’est un classique des enregistrements vidéo où la caméra ajoute un sifflement à 1800 ou 2100 Hertz sur la bande son. Le même traitement de restauration audio que pour le ronflement est appliqué pour faire disparaître ce désagréable défaut.

Larsen

Le larsen est un cas particulier de sifflement, souvent plus fort mais de plus courte durée. Il est généralement du à un microphone placé trop près d’un haut-parleur. En sonorisation, le phénomène survient aussi lorsque la température diminue en fin de soirée et que certains micros commencent à ‘crocher’. Un larsen peut aussi être provoqué par l’acoustique de la salle et est alors plutôt situé dans les basses fréquences.

Sifflante

Une sifflante (ou sibilante) est une consonne qui produit un sifflement. On peut rapprocher ce défaut aux sifflements décrits ci-dessus à ceci près qu’il n’est pas continu et se situe généralement entre 5’000 et 8’000 Hertz. Dans ce cas un compresseur correctement réglé donnera un résultat nettement meilleur qu’un filtre standard appliqué à l’ensemble de l’enregistrement.

Occlusive / Plosive

Cousine de la sifflante, la consonne occlusive provoque, chez la personne qui parle ou chante, un blocage de l’écoulement d’air puis un relâchement soudain ce qui peut ressembler à un coup donné sur le microphone,

Dynamique

La dynamique d’un enregistrement correspond à la différence de niveau entre le passage avec le volume le moins fort et celui avec le volume le plus fort. On peut se trouver avec un problème de dynamique dans le cas où les sources sonores enregistrées sont à des distances trop différentes du microphone de prise de son. La source la plus éloignée, typiquement un conférencier éloigné de la caméra ou du magnétophone, sera alors difficilement audible. Un traitement de la dynamique avec compresseur multibandes et limiteur, souvent lié à une réduction du souffle et du bruit de fond, permet de rattraper ces différences de niveaux.

Saturation

Dans le cas d’une saturation, le niveau sonore enregistré est trop important par rapport aux caractéristiques des composants utilisés. Ce peut être un convertisseur analogique-numérique (carte audio) auquel on applique un niveau trop important, une tension qui dépasse ce que la bande magnétique peut accepter, la membrane d’un microphone collée au fond à cause d’une trop forte pression acoustique, etc… En réduisant la dynamique, on crée la “place” nécessaire pour recalculer la forme ‘normale’ du signal, le rendant ainsi plus agréable à l’écoute.

Signal avec une forte saturation

Saturation lorsque le signal suit une ligne horizontale.

Equalisation

La correction de l’équalisation permet d’atténuer des fréquences trop présentes ou de faire ressortir celles qui ont un niveau trop faible afin d’obtenir un meilleur équilibre spectracle. Ces traitements permettent de mieux différencier les instruments, d’améliorer l’intelligibilité des paroles ou de simplement rendre plus agréable l’écoute d’un enregistrement. L’équalisation dynamique est une tendance récente qui donne de très bons résultats en agissant que lorsque cela est utile.

Analyse spectrale pleine échelle

Un creux à 2’500 Hz et une bosse autour de 4’500 Hz rendaient l’écoute de ce témoignage très pénible.

Balance

Correction de l’équilibre entre les canaux gauche et droite. On peut rencontrer ce genre de défaut lorsque les têtes d’enregistrement n’ont pas été correctement nettoyées, spécialement sur les magnétophones à bande. Ou alors dans le cas de prise de son avec des microphones mal placés par rapport aux sources sonores.

Vitesse de défilement / Tonalité

Suivant l’état des enregistreurs, notamment ceux à bande, la vitesse de défilement de la bande n’était pas calibrée lors de l’enregistrement. Ce qui a pour effet de produire, lors de la numérisation, un décalage dans la hauteur du son (tonalité trop aigue ou trop grave) ainsi qu’un rythme trop rapide ou trop lent de la musique ou la façon de parler. Ceci peut être particulièrement critique dans le cas d’une bande son pour un film sur pellicule. Dans tous les cas, nous pouvons appliquer des corrections afin de corriger vitesse et tonalité et ce, de façon indépendante.

Phase

La phase entre les canaux gauche et droite peut ne pas être cohérente et donner une ‘couleur’ bizarre au son. Cela peut provenir de l’utilisation d’un fil câblé à l’envers lors de l’enregistrement ou plus sournoisement, d’un mauvais alignement de la tête d’enregistrement avec la bande. Des algorithmes de restauration audio permettent de corriger ce problème de façon automatique mais il est souvent préférable de les paramétrer au moyen d’un système d’écoute de référence.

Réverbération

L’acoustique de la salle où à lieu la prise de son n’est pas toujours optimale. Spécialement si le microphone est éloigné de la source sonore, modifiant ainsi le rapport signal direct / signal indirect. Selon les cas, il peut être possible d’atténuer la réverbération afin d’augmenter la présence du signal direct.

Effet de proximité

Si le microphone est placé trop près de l’orateur / du chanteur, la répartition du spectre tend à faire ressortir les basses fréquences. Une correction de l’équalisation permet de corriger ce défaut.


 Bien entendu, avant de procéder à ces traitements de restauration, il est indispensable
que le transfert audio soit de qualité et n’amène pas de défauts supplémentaires.


Exemples de situations nécessitant une restauration audio

  • Enregistrements de famille réalisés sur bandes magnétophones ou cassettes audio.
  • Messages de répondeurs téléphoniques sur micro-cassettes ou mini-cassettes.
  • Enregistrements de concerts avec saturation, réverbération, bruit de fond…
  • Enregistrements de conférences, mariages, etc… avec des différences de niveaux sonores importants.
  • Témoignages enregistrés dans des conditions inadaptées.
  • Enregistrements réalisés avec du matériel de mauvaise qualité ou mal entretenu.
  • Transfert de disques vinyles sur Compact Disc.
  • Archivage d’anciens enregistrements en fichiers informatiques.